Accoucher sans péridurale pour un premier bébé - témoignage

Publié le par Maëlle B. F.

Accoucher sans péridurale c'était pour moi, avant de tomber enceinte, une évidence. Ma mère nous avait eus les trois sans recours à des antidouleurs et en parlait comme quelque chose de naturel. Une fois le petit bout présent dans mon ventre, je me suis cependant très vite posé la question : avec ou sans ? Tu te la poses peut-être aussi.

Le choix d'un accouchement au plus proche de soi-même

 

Accoucher "naturellement" si tout va bien pendant la grossesse et que le bébé se présente bien, permet de sentir pleinement son corps. Quelle drôle d'idée, est-ce une forme de masochisme ? En fait, ressentir les choses permet de mieux les contrôler tout simplement. Quand le bébé passe le bassin, la douleur est un guide qui te dit quelle est la position où le bébé descendra le plus vite et le mieux. Après les péridurales sont de nos jours peu dosées si on le demande, donc on peut garder ses sensations, mais pas de façon précise.

Cela permet aussi de sentir le moment de la poussée (oui là c'est douloureux ^^) et de pousser avec la bonne intensité et au bon moment, ce qui permet d'éviter les déchirures et épisiotomies (j'ai accouché d'un petit loulou de 4kg020 avec comme résultat une petite éraillure seulement). Cela permet aussi d'éviter dans un certain nombre de cas le recours aux forceps ou ventouses car le reflexe de poussée n'est pas inhibé.

Tu seras aussi plus disponible pour ton bébé car tous tes sens seront en éveil quand il sera dans tes bras. Tu auras aussi les hormones d'ocytocyne (souvent bloquées en cas de péridurale) qui permettront de démarrer plus facilement l'allaitement.

Mais je vais avoir mal ?

 

Tout d'abord, il faut te dire qu'on est pas égale face à la douleur. Es-tu pliée en quatre pour le moindre rhume ?  Ou bien vas-tu encore au travail avec 40° de fièvre ? Cependant, la douleur de l'accouchement est tellement différente de tout ce qu'on connait au quotidien que tu ne peux pas vraiment te baser sur ta sensibilité pour savoir "si tu vas y arriver" mais ça te donnera une petite idée.

La douleur est différente car tu n'es pas malade, tu ne vas pas chez le dentiste : tu termines un processus que tu as entamé lorsque ton petit bout a été conçu. Les premières contractions surprennent (pour ma part comme une douleur de règles très très forte). Je t'avouerai qu'au début je me suis dit "je vais prendre la péridurale". Pourquoi ? Parce qu'à chaque contraction, je vomissais (et allais aux WC - minute glamour off). J'avais l'impression que la douleur me submergeait : toutes mes lectures, mes entrainements respiratoires, mon super ballon de grossesse...pfffiou envolés ! Il ne restait que cette douleur vive qui te prend toute entière.

Mais ton corps est formidable, il produit au bout de quelques contractions des endorphines : tu as ta péridurale naturelle. Vient un moment, pour moi ça a pris une heure et demie/deux heures, où tu "prends le rythme" des contractions et où ce n'est plus si douleureux. J'avais lu plusieurs fois la métaphore de la vague pour parler des contractions. Lorsque j'avais les contractions de fin de grossesse, je ne me reconnaissais pas du tout dans cette image. Mais le jour J, j'ai compris. Si tu as déjà été à l'océan, tu es donc familière des vagues. Et bien, une contraction c'est comme être dans l'eau et voir une immense vague arriver. Soit tu plonges au bon moment - tu passes la contraction sereine, soit la vague t'emporte - tu te laisses surprendre ! Néanmoins, la vague te ramenera toujours au rivage - il ya plus de temps de pause entre les contractions que de temps de contractions sauf à la fin, donc profites-en !

Cependant, tout ça ne fonctionne que si tu es dans ta "bulle". En gros, tu dois éviter de réflechir et te sentir en sécurité. Chéri doit éviter de te poser des questions ou de te faire tenir la causette ; à la maternité, tu laisses chéri répondre pour toi aux sages-femmes. Alors c'est sur que c'est difficile dans la salle d'attente, sous la lumière crue et à côté d'autres personnes. Aussi, il faut essayer de partir à la maternité le plus tard possible. Attention, il ne s'agit pas de se mettre en danger ou son bébé. Mais tant que les contractions sont supportables, mieux vaut rester chez soi avec ses repères (les cas où il faut se rendre à la maternité sont évoquées par les sages-femmes lors des cours de préparation).

Pendant le travail, n'hésites pas à bouger pour trouver ta position (elle ne sera surement pas la même tout le temps de l'accouchement). Tu peux demander à ce qu'on te masse et appuie dans ton dos ou au contraire qu'on ne te touche pas. L'eau chaude aide beaucoup également, j'ai accouché dans une baignoire et je t'avoue que je ne pense pas que je me serai passée de la péridurale à l'air libre.

Quelques conseils et lectures

 

Tout d'abord, pas d'héroïsme ! Contrairement à ce que certaines lectures pourront te laisser croire, on est pas wonderwoman "parce qu'on l'a fait sans". Pas de culpabilité mal placée, l'essentiel est d'être bien le jour de son accouchement et si cela signifie pour toi pas de douleur et bien fonce. Cela signifie aussi que si tu choisis de ne pas prendre la péridurale, tu te réserves le droit de changer d'avis à tout moment. Et non ça ne sera pas un échec ! La victoire, c'est que bébé et toi arriviez en bonne santé : trop de femmes ressassent leurs accouchements considérés comme "ratés". Pour ma part, l'idée d'une aiguille dans la colonne me terrorisait, d'où mon choix sans péridurale.

Ensuite, tu te prépares. Lis des livres, des témoignages (j'ai trouvé très utile de savoir parfaitement ce qui allait se passer dans mon corps sur le plan théorique). Fais de la sophrologie, visualise le jour J. Tu verras qu'il y aura peut être un moment dans ta vision où tu auras peur, où tu ne sauras pas comment réagir, c'est sur ce point que tu devras te concentrer et travailler (moi c'était l'idée que le bébé passe par le vagin). La sophrologie aide avant et pendant. Par exemple, pendant toute la période de dilatation j'imaginais le col qui s'ouvrait à chaque longue expiration avec le bébé qui appuyait dessus.

Enfin, tu te fais confiance. Ton corps a cette capacité donc il n'y a pas de raison que tu n'y arrives pas !

 

Livres qui m'ont été utiles :

Maïtie Trélaün, J'accouche bientôt : Que faire de la douleur ?, Souffle d'or, 2ème édition, 2012

Très utile même si un peu culpabilisant. La lecture des témoignages a été enrichissante.

Isabelle Brabant, Vivre sa grossesse et son accouchement : Une naissance heureuse, Chronique sociale, 2013

Complet. Très utile pour la description de tous les actes médicaux qui peuvent être pratiqués, à quoi ils servent ainsi que quand ils sont inutiles.

 

 

Homéopathie (à confirmer avec ta sage-femme) et plantes

ACTEA RACEMOSA  7CH  1 mois
3 granules par jour
GELSEMIUM  9CH  1 mois
3 granules par jour
PULSATILLA  7CH  1 mois
3 granules par jour
CAULAPHILLIUM  7 CH  1 mois
3  granules par jour
ARNICA MONTANA  15CH  6 doses globales
1 dose par semaine pendant 1 mois
1 dose à 2 heures après l’accouchement
1 dose 12 heures après l’accouchement

Tisane de framboisier dès le 8ème mois

 

Tu peux aussi utiliser les huiles essentielles (en suivant les conseils de ton pharmacien s'il s'y connait ou de ta sage-femme)

Bien évidemment, il existe des tas de méthode pour te préparer à ce jour mais je ne les ai pas expérimentés (méthode bonapace, autohypnose) donc je ne me sens pas très légitime pour t'en parler.

 

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